Cela signifie quoi, pour moi, perdre du poids ? Et mon poids, il représente quoi ?

 

C’est très complexe tout ça. Ça ne se résume pas à une phrase.

 

J’ai envie de perdre du poids et en même temps, j’en ai peur.

 

J’en ai envie d’abord parce que j’ai envie d’être comme tout le monde. Et puis, tout le monde dit que c’est mieux, alors…

 

J’en ai envie parce que je veux être et rester en bonne santé. Mon corps m’a déjà envoyé un premier signal. Mais, si je ne réagis pas, bientôt, il me lâchera. Et on a trop besoin de son corps.

 

J’en ai envie parce que j’aimerais m’habiller dans n’importe quel magasin. Ce serait tellement plus simple. Et tellement mieux pour le moral.

 

J’en ai envie parce que j’aimerais bien être plus sexy pour le N’homme. Bien sûr, il m’affirme qu’il me trouve belle, sexy, séduisante et qu’il m’aime. Et en même temps, je sens bien qu’avec quelques kilos en moins, je pourrais enfiler ces tenues sexy qui lui plaisent tant.

 

J’en ai envie, enfin, pour me sentir fière de moi. Fière d’être arrivée à me gérer, à prendre soin de moi. A m’aimer, en quelque sorte.

 

Pourtant, j’ai peur, aussi. Peur d’être mince, de perdre du poids, de me perdre, par la même occasion.

 

Une part de moi n’a pas envie d’être comme tout le monde. Je n’ai pas envie de me perdre dans la masse des gens normaux. Alors, je me perds dans ma masse à moi.

 

Et puis, mon poids, c’est une partie de ma personnalité. C’est à travers lui qu’une part de moi s’est construite. En effet, il m’a fallu apprendre à vivre avec ces kilos en trop, les quolibets qui en découlent, les frustrations de ne pas pouvoir m’habiller comme les autres, les regards de ceux qui te prennent pour une bouffeuse de Mars ®.

 

Serais-je la même si j’avais grandi sans un seul kilo en trop ?

 

Et est-ce que je saurai comment me comporter avec des kilos en moins ? Quelle attitude adopter ? Supporter le nouveau regard que l’on posera sur moi ?

 

Est-ce que ce corps sera encore le mien ? Ne me sentirais-je pas étrangère dans mon propre corps ?

 

Et en même temps, je me dis : « Qu’est-ce que ça doit être sympa de vivre dans un corps léger, qui ne souffre pas à chaque instant de ce poids qui alourdit tout ! ».

 

Et puis, s’ajoute à cela une pensée sournoise : si j’arrive à perdre ce poids et que tout va super bien, ne serait-ce pas ma preuve que j’ai été faible et nulle tout le reste de ma vie d’avant ? C’est vrai, si j’y arrive maintenant, j’aurais pu y arriver avant ! Et évidemment, le corollaire ne tarde pas : si je n’y suis pas arrivée jusqu’à maintenant, c’est que je n’y arriverai jamais !

 

Et pourtant, je sais que c’est faux. J’en ai fait du chemin pour arriver jusque là. Pour pouvoir entamer ma perte de poids.

 

En réalité, les années passées en thérapie, durant lesquels les chiffres sur ma balance n’ont pas cessé d’augmenter, ces années ont participé à ma perte de poids actuel.

 

C’est comme si j’avais des portes à ouvrir pour accéder au chemin de la perte de poids. J’en ai ouvert certaines et ça a déjà tout changé. Je ne serai plus jamais la même. Et ce qui est possible maintenant ne l’était pas forcément avant. Néanmoins, il reste encore un certain nombre de portes à ouvrir. Ce que j’espère faire en poursuivant ma thérapie, mais également via ce blog.

 

Il y a encore de nombreuses étapes à franchir.

 

Comme je le disais en début de billet, tout cela est vraiment complexe !